Une maison comme petit cochon!
Les propriétaires contractent un prêt hypothécaire non pas pour acheter une maison, mais pour accroître leur pouvoir d’achat.
L’immobilier est depuis quelques années un investissement remarquable dans la plupart des régions du Canada. La valeur des maisons continue d’augmenter et a dépassé le sommet atteint en 1989 dans de nombreuses parties du pays. Voilà de bonnes nouvelles pour les 7,5 millions de propriétaires canadiens, qui profitent d’une hausse moyenne de leur richesse foncière de 43 000 $ depuis l’établissement d’une tendance à la reprise en 1998.
La forte demande sur le marché de l’habitation est alimentée par les taux hypothécaires, qui ont atteint leur niveau le plus bas depuis près de cinquante ans. Ces taux sont attirants pour les accédants à la propriété, et les acheteurs font la queue pour acquérir leur première maison ou une nouvelle résidence qui comblera tous leurs désirs. Les statistiques de l’habitation font les manchettes depuis des mois, et l’essor se reflète dans les indicateurs économiques clés.
Cependant, les nouvelles ne traitent pas seulement de l’évaluation à la hausse ou des Canadiens qui déménagent dans une nouvelle maison. Tranquillement, en arrière-plan, on constate une tendance de refinancement importante. Un nombre record de Canadiens qui voient la valeur nette de leur maison augmenter depuis quelques années se servent de cette valeur nette pour emprunter. Selon un rapport réalisé par une grande banque, les foyers canadiens ont retiré environ 20 milliards de dollars de la valeur nette de leur maison depuis 2001 grâce au refinancement hypothécaire et aux prêts sur valeur nette de la propriété.
On peut remercier l’industrie hypothécaire pour cette capacité d’adaptation surprenante de l’économie nord-américaine. Au cours des deux dernières années, l’économie nord-américaine a subi de nombreuses retombées économiques, mais la confiance des consommateurs est restée raisonnablement forte — en partie au moins parce que les pertes des propriétaires ont été quelque peu compensées par une hausse de leur richesse foncière. Nous gardons le placement le plus productif que nous possédons. Et même s’ils n’ont aucune intention de vendre, les propriétaires croient que le rendement de leur investissement est aussi bon que de l’argent en banque.
Ces fonds sont un stimulus économique tant ici qu’aux États-Unis, où la tendance est encore plus marquée. Alors que les Canadiens voient la maison comme bien plus qu’un refuge, le prêt hypothécaire devient une ressource précieuse — et les propriétaires n’attendent pas nécessairement le renouvellement pour profiter de leurs gains.
Où va l’argent, donc ? La valeur nette retirée sert souvent à rembourser d’autres dettes coûteuses. Les taux d’intérêts des cartes de crédit sont terriblement élevés et — en tant que nation — nos dettes de cartes de crédit et autres dettes de consommation continuent de croître. Une grande partie de l’argent est aussi utilisée pour d’autres dépenses. Le moment n’a jamais été mieux choisi pour emprunter sur la valeur nette de votre propriété pour construire la cuisine de vos rêves, ajouter une nouvelle aile, vous lancer dans le projet d’aménagement paysager auquel vous songez depuis des années, prendre les vacances que vous avez toujours voulues ou aider à payer les études postsecondaires de vos enfants. Cependant, comme d’habitude, ne vous laissez jamais emporter par la folie des dépenses au point d’oublier le bon sens lorsqu’il s’agit de gérer vos dettes.
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